Supplique politique à Loïc Minery et "Mulhouse en commun"
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Cher Loïc Minery, chères candidates, chers candidats de Mulhouse en commun,
D’abord, bravo. Avec 15,94 % des voix et 3 331 suffrages, vous arrivez en deuxième position au premier tour de ces municipales mulhousiennes du 15 mars 2026, derrière Michèle Lutz, comme en 2020. Le score est solide. Il vous place en situation de peser. Mais il vous place surtout devant une responsabilité historique.
Car cette fois, une situation nouvelle se présente. Une autre liste de gauche est qualifiée pour le second tour. Nous sommes Mulhouse, conduite par Annouar Sassi, a obtenu 14,16 % et 2 959 voix. Les chiffres sont là, têtus, presque pédagogiques : séparées, vos forces s’affaiblissent ; rassemblées, elles peuvent dépasser les 30 % et rendre la victoire possible dans un second tour à quatre ou cinq listes.
Autrement dit, la question n’est plus idéologique, ni théorique, ni esthétique. Elle est brutalement simple : voulez-vous gagner, ou voulez-vous témoigner ?
Car partir seuls, aujourd’hui, ce ne serait pas faire preuve de pureté. Ce serait faire preuve d’irresponsabilité. Ce ne serait pas défendre une ligne. Ce serait offrir un boulevard à la droite. Ce ne serait pas préserver une identité politique. Ce serait saboter une chance réelle d’alternance.
Oui, une fusion demande des concessions. Oui, elle suppose de sortir des egos, des susceptibilités, des vieux réflexes de boutique. Mais la politique n’est pas un concours d’orgueil sous cloche. Quand une ville peut basculer, quand une majorité peut être renversée, quand une alternance devient enfin envisageable, la seule question digne est celle-ci : qui est prêt à mettre Mulhouse au-dessus de son propre drapeau ?
Une union de la gauche, des écologistes et d’une liste citoyenne populaire aurait de l’allure, du souffle, et surtout du sens. Elle ressemblerait davantage à Mulhouse que bien des affiches de campagne. Elle pourrait porter une ambition majoritaire, crédible, vivante. Elle pourrait surtout permettre à la gauche de reprendre la mairie pour la première fois depuis 2001.
À l’inverse, maintenir deux listes séparées reviendrait à choisir la défaite en toute lucidité. Et il faudra alors avoir l’honnêteté de le dire : ce ne sera pas la faute du contexte, ni celle des électeurs, ni celle du mode de scrutin. Ce sera la faute d’une incapacité à se rassembler au moment décisif.
Les électeurs de gauche ne comprendraient pas qu’au seuil d’une victoire possible, certains préfèrent défendre leur pré carré plutôt que conquérir la ville. Refuser la main tendue par Annouar Sassi, ce serait très concrètement offrir à la droite un supplément de bail jusqu’en 2033. Un quart de siècle de pouvoir municipal estampillé RPR, UMP, LR ne suffirait donc pas ?
Il y a des moments où l’histoire frappe à la porte. Encore faut-il éviter de lui claquer la porte au nez pour une querelle de chapelles.
Alors, cher Loïc Minery, chères candidates et chers candidats de Mulhouse en commun, il est temps de choisir. Le panache solitaire mène parfois aux beaux discours. Le rassemblement, lui, peut mener à l’Hôtel de Ville.
Aujourd'hui, Mulhouse n’a pas besoin d’un geste symbolique de plus. Elle a besoin d’une victoire.
Jean-Luc Wertenschlag
militant de Mulhouse capitale du monde
s'exprimant bien évidemment à titre personnel




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